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Actionnaires et détenteurs de warrants : tout ce qu’il faut savoir sur les dividendes

Les mois d’avril, mai et juin sont riches en détachements de dividendes et vos nombreuses questions sur le sujet nous ont décidés à écrire ce dossier spécial dividendes.   Pour ce faire nous sommes partis des questions les plus fréquemment posées : Quels sont les modalités d’un paiement de dividende ? Quels sont les différents types de dividendes ? Quel impact ont-ils sur le cours de votre warrant : positif, négatif ou neutre? Quand y-a-t-il lieu de procéder à un ajustement de Strike et/ou de parité et comment ce calcul s’effectue-t-il ?

 

Rappelons dans un premier temps qu’une entreprise n’est pas tenue de verser un dividende même lorsqu’elle réalise des bénéfices. Le cas échéant, le montant de celui-ci est proposé par le conseil d’administration et doit être approuvé par l’assemblée générale des actionnaires. Prenons un exemple : Total a annoncé le 14 février 2007 un détachement de dividende annuel de 1,87 € réparti sur deux dates : le 17 novembre 2006 de 0.87 € et un autre de 1 €  le 18 mai 2007.

L’actionnaire est-il  plus riche une fois ce dividende versé ?

Non, puisque avant d’être distribué, le cours de l’action comprend le montant du dividende (il figure au bilan de l’entreprise). Après distribution, le cours de l’action diminue du montant correspondant au dividende.

Pourquoi les entreprises versent-elles des dividendes ?

La distribution de dividendes a pour but premier de rendre aux actionnaires la richesse créée par l’entreprise. Ainsi l’actionnaire pourra réinvestir l’argent comme il le souhaite.

Un dividende, mais lequel ?

Le dividende classique : c’est le dividende que vous connaissez. Le conseil d’administration de l’entreprise décide d’affecter une certaine somme au versement du dividende, et cette somme est alors divisée par le nombre d’actions existantes pour donner le dividende versé par action. Le dividende annuel peut être distribué intégralement en une seule fois, comme il peut être étalé sur plusieurs dividendes intérimaires.

Le dividende exceptionnel : il n’est versé, comme son nom l’indique, que dans certaines circonstances. C’est un dividende qui n’est pas récurrent : il peut s’ajouter ou se substituer au dividende annuel. C’est le cas par exemple lors de certaines fusions et/ou cessions  qui engendrent une importante entrée de liquidités que l’entreprise souhaite redistribuer à ses actionnaires.

Les dividendes et les warrants : le cas d’un dividende ordinaire

Reprenons notre exemple. Total annonce le 14 février 2007 qu’un dividende de 1 € sera distribué le 18 mai 2007. Choisissons un warrant sur cette action : le warrant (2824Z) de Strike 55 €, de maturité 19 septembre 2007 et de parité 5/1. Il cote 0,50 € le 17 mai.  Ce warrant est de type européen (comme tous les warrants Commerzbank à l’exception des warrants sur l’EUR/USD), cela signifie que l’exercice du warrant ne peut se faire qu’à la date de maturité. Pour ce type de warrants, il faut prendre en compte le dividende anticipé pour calculer son prix.

On se place à la veille du dividende : le 17 mai 2007, Total cote 55 €. Vous achetez le warrant (2824Z). Il vaut 0,50 €. Vous vous souvenez alors que Total détache un dividende de 1 €  le lendemain. Que se passera-t-il ? Allez-vous perdre de l’argent ? Non, car le cours du warrant prend en compte le détachement de dividende avant que celui ci ne soit effectivement distribué : le dividende anticipé. Autrement dit avant le détachement de dividende, tout se passe comme si le cours de référence de Total n’était pas de 55 € mais de 54 € c’est à dire (55 -1). Le warrant, dès son émission, se comporte déjà comme si le dividende était déjà distribué. Le 18 Mai date de détachement du dividende, l’action Total perd 1 € pour coter 54 € (toutes choses égales par ailleurs). Le warrant vaudra donc toujours 0,50 €. Un dividende ordinaire n’affecte pas le cours d’un warrant, call ou put.

Le cas du dividende exceptionnel

Prenons un autre exemple : le dividende exceptionnel de 9 €, détaché le 24 novembre 2006, sur l’action Pages Jaunes. La veille, l’action valait 23,4 €. Choisissons le warrant (1557Z) émis le 01 Septembre 2006, avec un Strike de 24 € et une parité de 5/1. Le jour du détachement du dividende, l’action ne vaut plus que 14,4 €. Pour conserver les caractéristiques initiales du produit, le Strike et la parité sont alors ajustés systématiquement. Si le Strike n’était pas ajusté, le (1557Z) de Strike 24 € sur Pages Jaunes à 14,4 €, ne vaudrait vraiment plus grand chose ! On calcule donc le ratio d’ajustement en divisant le cours de l’action ex-dividende par le cours de l’action avant le détachement de dividende. Reprenons notre exemple, on obtient un ratio de (23,4 – 9) / 23.4 soit 0,6153. Le nouveau Strike se calcule en multipliant l’ancien Strike par le ratio soit (24*0,6153) = 14,77 €. Ensuite, pour retrouver le cours initial du warrant, il faut calculer la nouvelle parité soit (5*1,625) = 3,07. Dans ce cas également le dividende n’aura donc pas d’impact sur le warrant.

 

En conclusion, les détachements de dividendes sont neutres pour les warrants (call et put). Ils peuvent toutefois entraîner un ajustement de Strike et de Parité, dans le cas d’un dividende exceptionnel.

 

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