Archives : Dossier

Actions, SRD, Monep ou Warrants : 10 critères pour choisir !

Juin 2002

Pourquoi s’orienter sur le marché actions plutôt que sur le service de règlement différé ? Pourquoi opter pour les warrants plutôt que le Monep ? Quels sont les cas de figures où investir sur des produits dérivés peut être plus intéressant que le marché action ? Pour répondre à toutes ces questions nous vous proposons d’éplucher chacun de ses 4 marchés selon 10 critères représentatifs : le nombre de sous-jacent existant, la liquidité, l’effet de levier, la vente à découvert, le risque par rapport à la somme investie, l’accessibilité, le courtage, le dépôt de garantie, les autres frais et la volatilité.

 

Commençons par examiner le nombre de supports disponibles sur chacun de ces marchés. Largement en tête avec 920 titres, le marché action ne souffre aucune comparaison. Les autres compartiments, marchés dérivés (Monep, Warrants) ou proposant un service particulier (SRD), offrent une sélection limitée de sous-jacents selon plusieurs critères comme la capitalisation, le volume de transaction journalier ou la liquidité.

Cette dernière n’est pas toujours optimale. Deux de nos quatre concurrents se distinguent néanmoins. D’abord le SRD : les 196 valeurs éligibles au service de crédit sont sélectionnées selon plusieurs critères dont la liquidité. Ce sont donc, a priori, les valeurs les plus liquides de la cote. Les warrants tirent également leur épingle du jeu. Le contrat d’animation signé avec Euronext leur permet de présenter grâce aux teneurs de marchés un carnet d’ordre serré avec des tailles importantes à l’offre et à la demande.

Intéressons-nous maintenant à l’effet de levier. Par définition, le compartiment action est à la traîne : car son effet de levier sur lui-même est égal à 1… Devant on trouve au coude à coude Warrants et Monep qui proposent des produits toujours différents sur un même sous-jacent et des élasticités (1) pouvant aller de 1 à 30 voire plus ! Autre avantage pour le Monep qu’il partage avec le SRD : la Vente A Découvert, « VADer » comme le disent les boursicoteurs avertis. Autrement dit vous pouvez vendre un titre que vous ne possédez pas encore.

En revanche, le revers de la médaille est moins brillant voire rouillé ! La vente à découvert confère à ses deux marchés un risque supplémentaire et même dans certains cas illimité. Les courtiers en lignes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Seuls 8 courtiers sur les 20 recensés dans l’association « Brokers on line »  proposent le Monep à leurs clients et à des tarifs prohibitifs. Outre des frais de courtages en pourcentages 3 à 4 fois plus important, le règlement contraint le donneur d’ordre à verser un dépôt de garantie s’échelonnant selon les courtiers de 1500 à 150 000  euros. Le SRD, de son côté, fait subir à ses utilisateurs un taux de crédit 0.0166 % à 0.021 % par jour équivalent à un taux annualisé compris entre 6.24 % et 7.90 %. Warrants et marchés actions sont, sur ces considérations, moins onéreux.

Dernier critère d’évaluation : la volatilité. Elle n’implique que les Warrants ou le Monep. Comme tout marché de professionnels, le Monep est légèrement moins cher. Cela se traduit par des niveaux de volatilité implicites donc légèrement inférieurs à ceux que l’on peut relever sur le marché des warrants. Mais là encore, le « côté obscur » de cet avantage renverse la situation. En effet, les variations de niveaux de volatilités sur les options listées sur le Monep sont beaucoup plus significatives en comparaison avec les warrants. Pourquoi ? Parce que le teneur de marché sur les warrants s’efforce de lisser dans le temps l’impact des mouvements de volatilité observés sur le marché professionnel.

En conclusion de notre analyse multi-critère, deux supports se détachent des deux autres : ce sont à égalité le marché action et les warrants. Mais chacun de ses 4 supports à ses propres caractéristiques et correspond à un profil d’investisseurs et une  stratégie différente d’investissement. Ici, plus l’investisseur développe un scénario à long terme dans une optique « père de famille », plus il va se tourner naturellement vers le marché action. En revanche plus son scénario d’investissement est court et ses anticipations de mouvements précises sur le sous-jacent, plus l’investisseur aura intérêt à s’orienter vers les warrants dont l’effet de levier lui permettra, si le marché lui donne raison, de profiter au mieux de ses anticipations.

 

(1) Elasticité : effet de levier des produits optionnels
Abonnement Strike Magazine
Strike Magazine

Pour recevoir chaque mois Strike, le magazine des produits de Bourse Commerzbank

Abonnez-vous gratuitement