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Élections britanniques : surprise, surprise !

Alors qu’à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, toute l’attention de l’Europe se porte sur les élections présidentielles françaises, à juste titre, l’annonce, dans un mouvement quelque peu surprenant de la Premier ministre du Royaume-Uni Theresa May, est passée plutôt inaperçue… En optant pour une élection générale anticipée le 8 juin prochain, la pensionnaire du « 10 Downing Street » a deux objectifs :

D’une part, lui permettre d’obtenir son propre mandat pour gouverner sans les contraintes des promesses électorales faites par James Cameron en 2015, qui lui causent des difficultés supplémentaires dans un contexte déjà très difficile de négociation de sortie de l’Union Européenne. En effet, les promesses de type « nous n’augmenterons pas la TVA, les cotisations d’assurance nationale ou l’impôt sur le revenu » et « Nous sommes clairs sur ce que nous voulons de l’Europe. Nous disons : oui au Marché unique » ne sont plus vraiment d’actualité… La situation budgétaire étant plus délicate, Madame May a besoin de plus de marge de manœuvre.

D’autre part, le gouvernement va tenter d’augmenter sa majorité au parlement (actuellement de 17 parlementaires) avant que les mauvaises nouvelles, qui pourraient venir de la détérioration potentielle de la situation économique du Royaume (inflation croissante et contrainte sur les revenus réels), ne soient publiées. C’est aussi une bonne occasion de donner le coup de grâce à ses opposants du parti travailliste. Loin derrière dans les sondages, ils ont peu de chances de créer la surprise. A long terme, peu de choses sont susceptibles de changer. A court terme, une victoire attendue des conservateurs renforcera l’équipe et la politique menée depuis le referendum.

D’un point de vue politique, dans le contexte du Brexit, cette élection repousse à 2022 la prochaine phase du cycle électoral. Et donc, si l’économie ralentit entre 2017 et 2019 comme cela semble probable, cela laisserait un peu de temps à la croissance pour rebondir au début des années 2020 et éviter une sanction électorale au gouvernement.

Reste à Theresa May à se retirer encore une autre épine du pied : la question écossaise. Le Premier ministre a écarté tout référendum d’indépendance jusqu’à ce que le processus de Brexit ne soit conclu… Mais il sera intéressant de voir si tous les conservateurs sont du même avis. La livre Sterling n’a pas réagi avec excès jusqu’à présent mais c’est à surveiller de près… !

Thibaud Renoult

Article tiré du magazine Strike 180 / Mai 2017

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