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La Grèce gagne du temps

En cette période de retour d’une grande majorité de vacanciers, beaucoup reviendront de la Grèce. En effet, la péninsule aux milliers d’îles constitue une destinée privilégiée de la méditerranée orientale par les touristes qui désertent les destinations à risques géopolitiques et ce malgré le flux de réfugiés. Cela constitue une lueur d’espoir dans le redressement du pays même si la récurrence de la problématique de la dette trouve ses sources dans la faiblesse des recettes fiscales.

II y a deux ans, nonobstant le refus du peuple exprimé par un référendum historique, Tsipras, leader à l’époque du parti anti-austérité, rentra pourtant dans le rang et entérina les restrictions de le Troïka. Depuis, la Grèce vit dans l’austérité. Son taux de chômage est monté à plus de 27%, contre une moyenne des pays de l’OCDE de 7.8%, même si le taux se résorbe graduellement pour atteindre ce jour 21.6%.

Si Athènes vient d’obtenir un nouveau prêt de 8.5 milliards d’euros, suffisant pour passer un été tranquille, celui-ci s’est négocié en échange de nouvelles mesures drastiques incluant une énième réforme des retraites ainsi qu’une nouvelle révision de l’impôt sur le revenu. Ces contraintes budgétaires handicapent massivement, une fois de plus, la classe moyenne.

Néanmoins, la réforme de la TVA a permis en 2016 de dégager un excédent budgétaire représentant 0.7% de son PIB.

Autre point positif, l’agence de notation Moody’s a relevé la note de la dette à long terme de la Grèce à la suite du dernier accord de juin dernier. Le secteur bancaire devrait se stabiliser et permettre la relance de l’activité économique. Les conditions de financement s’améliorent et les dépôts progressent.

A noter que le secteur a surperformé l’indice bousier ASE, avec des gains exceptionnels, à l’image d’Attica Bank qui gagne 320% alors que l’indice national connait une avancée de 30%.

Athènes n’avait plus emprunté sur le marché obligataire depuis trois ans, c’est chose faite depuis quelques semaines, une nouvelle encourageante pour le pouvoir en place, le but étant de rallonger la maturité de sa dette et à un taux moindre.

Le dossier grec reste malgré tout loin d’être bouclé alors que cette dette (180% du PIB) reste significative, voire insoutenable. Les programmes d’aide successifs pourraient, en effet, ne faire que retarder l’échéance d’un défaut inévitable, scénario catastrophique pour le pays et la notoriété de la zone euro.

La douceur de vivre dans ce pays contraste avec la dureté et la rigueur sociale imposée. Le peuple grec pourra-t-il s’en satisfaire encore longtemps ?

Patrick Rejaunier

Article tiré du magazine Strike 183 / Septembre 2017

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