Dossier

Les acteurs de la Bourse

Loin d’être une entité abstraite et irrationnelle, la bourse a un rôle primordial dans l’économie contemporaine. Tout d’abord un rôle de financement où les entreprises trouvent une partie des capitaux nécessaires à leur croissance, tandis que l’Etat y finance son déficit. Mais aussi un rôle de placement où les particuliers peuvent investir et faire fructifier leur épargne. Nous vous proposons ici de découvrir quels sont les acteurs de la Bourse, leur rôle, leur objectif et leur droit.

Les émetteurs

La première catégorie, celle des émetteurs, se situe en amont de la chaîne, sur le marché primaire. Ce sont en premier lieu les sociétés dont les titres sont cotés en Bourse. Mais ce sont également des banques d’investissement, chargées de créer des produits dérivés, de les évaluer et de les diffuser sur le marché ; ainsi que l’Etat et les administrations publiques, qui recourent à l’emprunt via l’émission d’obligations ou de titres de créances. Les émetteurs fournissent ainsi des produits financiers aux investisseurs particuliers et institutionnels sur divers actifs, directs ou sous-jacents, et intégrant différentes caractéristiques.

Les investisseurs

Au sein de la catégorie des investisseurs, il convient de distinguer les investisseurs particuliers, les investisseurs institutionnels, les OPCVM et les hedge funds.

  • Les investisseurs particuliers : il s’agit tout simplement de personnes physiques, agissant seules ou dans le cadre d’un club d’investissement (regroupement de plusieurs investisseurs particuliers).
  • Les investisseurs institutionnels : dans le jargon financier, on les appelle les « zinzins ». Ils exercent un rôle essentiel sur les marchés financiers, ne serait-ce que par la masse d’argent qu’ils manipulent. Ils détiennent le quart des actions françaises cotées. Sous ce vocable, on retrouve tous les organismes collecteurs d’épargne qui placent l’épargne à plus ou moins long terme :
  • Les fonds de pension, qui ont pour vocation le financement des retraites, ce qui explique leur fort essor dans les pays disposant de systèmes de retraite par capitalisation ;
  • Les caisses de retraites, les assurances-vie, les organismes de prévoyance, les banques et les organismes de placement collectif.
  • Les OPCVM : Les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières sont des fonds d’investissement, filiales spécialisées de banques ou de compagnies d’assurance qui permettent à tout épargnant de confier la gestion de ses capitaux à un professionnel. Concrètement, ce sont des portefeuilles de valeurs mobilières gérés par des professionnels et détenus collectivement (sous forme de parts ou d’actions) par des investisseurs particuliers ou institutionnels. Il existe deux statuts : les SICAV (société d’investissement à capital variable) et les FCP (fonds commun de placement). Ils ouvrent l’accès, au travers d’un seul placement, à une large diversification. Il en existe plusieurs milliers, certains sont quasiment sans risque, d’autres au contraire ne s’adressent qu’à des investisseurs très avertis.
  • Les hedge funds : Au sein de la gestion collective, les hedge funds constituent une catégorie particulière ; ce sont des fonds relativement risqués, peu ou pas réglementés et qui ont recours à des techniques permettant de spéculer sur l’évolution des marchés. Ils représentent aujourd’hui une part significative des transactions sur de nombreux marchés.

Les intermédiaires

Une fois les titres émis ou créés, ceux-ci ont vocation à être échangés. C’est le rôle du courtier de mettre en relation les différentes parties, acheteuses et vendeuses. Jusqu’en 1988, ce rôle était tenu par les agents de change (un statut ministériel créé par Napoléon). Ce sont ensuite les sociétés de Bourse qui ont eu le monopole de l’intermédiation jusqu’en 1996. Désormais, les opérations sont effectuées par des « prestataires de services d’investissements ». Appelés courtiers ou brokers en anglais, ce sont des organismes financiers agréés, généralement filiales d’institutions bancaires françaises ou étrangères ou entreprises indépendantes (appelées full broker). Les courtiers peuvent endosser différentes fonctions. Certaines se limitent à un simple rôle de transmetteur d’ordres, ce sont les « discount broker », d’autres au contraire développent des services à forte valeur ajoutée (conseil, technicité,…) ou se spécialisent sur certains marchés. Il existe plus d’une centaine de prestataires de services d’investissement sur le marché français.

L’AMF

L’Autorité des Marchés Financiers est un organisme public indépendant, doté de la personnalité morale. Elle a pour mission de garantir l’efficience et l’intégrité des marchés financiers. L’AMF dispose d’un champ de compétences élargi :

  • Réglementer et contrôler l’ensemble des opérations financières, veiller à leur bon déroulement, vérifier que les informations publiées par les sociétés cotées soient de qualité et équitablement délivrées à tous les acteurs du marché ;
  • Superviser les produits d’épargne collective : c’est elle qui autorise la création de SICAV et de FCP et qui s’assure de la qualité des informations transmises aux investisseurs ;
  • Définir les principes d’organisation et de fonctionnement des entreprises de marché et des systèmes de règlement-livraison ;
  • Définir les règles et obligations des professionnels intervenant sur les marchés ;

L’AMF dispose également d’un pouvoir réglementaire : pouvoir de contrôle, pouvoir d’enquête, pouvoir d’injonction et de sanction en cas de manquement au règlement général qu’elle édicte. L’AMF joue ainsi tout à la fois un rôle de régulateur, de policier et de juge à l’égard des acteurs de marché, tout en protégeant les épargnants et en leur proposant par exemple des services de médiation ou d’information.

Les agences de notation

Elles s’appellent Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch et leur influence sur les marchés est considérable. Ce sont les agences de notation (credit rating agencies en anglais) ; Leur rôle est de fournir une appréciation du risque de solvabilité financière d’emprunteurs – qu’ils soient entreprises privées ou publiques, Etats ou collectivités locales – et d’attribuer une note (le rating) correspondant aux perspectives de remboursement de leurs engagements envers leurs créanciers. Au terme d’une analyse approfondie portant sur des critères comptables, de gestion, perspectives économiques, etc.., l’agence de notation fournit une appréciation fondée sur une grille d’évaluation. Chaque agence de notation dispose d’une grille d’évaluation qui lui est propre. Les notations s’échelonnent de AAA (triple A, la qualité de crédit la plus élevée) à D (défaut de paiement constaté ou imminent). On distingue par ailleurs la notation de la dette long terme (plus d’un an) de celle de la dette court terme (moins d’un an). On notera que la notation à long terme est plus détaillée que la notation à court terme.

Article de ZoneBourse.com

Article tiré du magazine Strike 190 / Avril  2018

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