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Les warrants au service de l’investissement actions : La «cash extraction» (ou l’extraction de liquidités)

Après le dossier spécial couverture de portefeuille publié le mois dernier nous continuons notre série sur les différentes stratégies warrants au service de l’investissement en actions ! Ce mois-ci, la « Cash Extraction» ou l’extraction de liquidités.

Prenons l’exemple de l’action EDF. Avec une hausse de 67.6 % depuis le début de l’année pour atteindre à 53.80 euros le 11 décembre (1), elle a eu un comportement remarquable en 2007. Elle a bénéficié, pêle-mêle, de la publication de bons résultats, de la libéralisation annoncée des tarifs du gaz et de l’électricité conformément aux directives européennes et des opérations de rapprochement de ses principaux concurrents…

Dans ce contexte, il paraît légitime de penser à consolider ses gains en prenant tout ou partie de ses bénéfices. Mais en vendant ses actions on ne peut plus profiter d’une éventuelle nouvelle hausse. Les warrants offrent une alternative intéressante. Avec le principe de l’extraction de liquidités on peut prendre ses bénéfices sur une valeur qui s’est déjà bien appréciée, tout en restant exposé à la hausse.

Prenons un exemple. Imaginons que vous possédez en portefeuille 200 actions EDF, valorisées à 10 760 euros, sur la base d’un cours, en date du 11 décembre, de 53.80 euros par action. Pour sécuriser vos gains, vous vendez donc vos 200 titres à 53.80 euros. Vous affectez ensuite une partie des liquidités issues de la vente des titres à l’achat de warrants afin de rester exposé à la hausse du cours de la valeur.

Quel warrant choisir ? Il faut tout d’abord chercher le produit adapté pour répliquer votre exposition en actions. On choisira, bien sûr, un Call warrant. Ensuite on privilégiera une maturité supérieure à 3 mois et inférieure à 6 mois pour disposer d’un effet de levier intéressant mais d’une perte de valeur temps quotidienne limitée. En ce qui concerne le prix d’exercice, il faut rester proche du cours du sous-jacent.

Reprenons notre exemple : nous sommes le 11 décembre et EDF cote 53.80 euros. Nous avons sélectionné le Call warrant de prix d’exercice 55 euros et de maturité 14 juin 2007 (1783Z). Ce Call a une parité de 5/1, un delta de 49 % et une élasticité est de 5.8 %. Il vaut 0,91 euros.

Combien de warrants faut-il acheter ? On utilise l’élasticité ou le delta pour faire ce calcul. Le premier indicateur, de 5.8 %, nous informe qu’il faudra investir en capital, 5.8 fois moins en Calls warrants que le montant du portefeuille à répliquer. On divise donc le montant du portefeuille d’actions EDF (10 760 euros) par l’élasticité : (200* 53.80)/5.8 = 1 855 euros, résultat que l’on divise par le prix du warrant 0.91 euro (prix à la vente) pour obtenir le nombre de warrants à acheter, 1 855 / 0.91 = 2.038 warrants.

Si on utilise le deuxième indicateur, le delta, le résultat est quasi-équivalent (2) et il est aussi simple à obtenir. Il suffit de diviser le nombre d’actions par le delta et multiplier le tout par la parité du warrant soit [(200/ (49,3/100)*5] = 2 028 warrants. Puisque la quotité est de 1000, on choisira d’être légèrement sous « répliqué ». On achète donc 2000 warrants, ce qui représente un investissement de (2000*0.91) = 1 820 euros, soit 16.9 % du portefeuille actions. En clair, avec 1 820 euros en warrants, vous avez la même exposition à la hausse d’EDF que si vous aviez acheté les 200 actions sous jacentes pour 10 760 euros.

Supposons que le 20 janvier le titre EDF gagne 5 % pour coter 56.5 euros. Le Call warrant progresse de 0.91 à 1.20 euros, soit une hausse de 31 %. Si on vend sa position en warrants, on dégage une plus value de [(1.19-0.91)*2000], soit 560 euros. En conservant les 200 actions puis en les revendant au même moment, la plus value aurait été de (10 760* 5 %), soit 538 euros. Le même montant !

La stratégie d’extraction de liquidités fonctionne parfaitement. Tout d’abord vous n’investissez qu’une faible partie des liquidités issues de la cession des 200 titres en portefeuille (17 %), ensuite vous gagnez autant que si vous aviez conservé votre portefeuille initial.

Et si, au 20 janvier, EDF perd 6 % ? Le Call warrant se déprécierait de 0.91 à 0.59 euros, soit 35 % de perte. Si on vend sa position en warrants, on dégage une moins-value de (0.59 – 0.91)*2000, soit –640 euros, d’un montant équivalent à la moins-value que l’on aurait obtenue en conservant ses 200 actions : [10760 – (6 %*10760)] = – 646 euros.

Attention néanmoins : ce scénario ne se produit que si les variations du sous-jacent sont importantes et si elles interviennent sur un laps de temps réduit (1 à 2 mois maximum). Si une hausse de 5 % se produit mais que l’on conserve la  position en Calls un mois supplémentaire, votre warrant cotera, sur cet exemple, 10 % de moins. Pour se protéger contre ce désagrément, il faudra rouler sa position, autrement dit céder les Calls détenus et en racheter de plus long terme.

(1) Date du début de la rédaction de ce dossier
(2) Avec le jeu des arrondis on peut avoir des légères différences de résultats : 2028 versus 2038 warrants.
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