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Où vont les matières premières ?

Avec 134 millions d’euros échangés en 2017* sur plus de 300 produits de Bourse dont le sous-jacent est une matière première (énergie, métaux précieux, métaux de base, matières premières agricoles…), la rédaction de Strike a souhaité faire un point sur cette classe d’actifs pour son dernier numéro de l’année !

Pétrole

En franche hausse depuis fin juin (+42%) et au plus haut depuis 2 ans et demi, le pétrole retient à nouveau l’attention des investisseurs et son évolution fait les gros titres de la presse financière. Loin d’être inexpliquée, cette tendance de fond puise ses origines dans divers facteurs. Tout d’abord la baisse de la production des pays membres de l’OPEP qui déclarent en octobre une diminution de 151 000 barils par jour, par rapport à septembre. Le Nigéria, l’Irak, l’Iran et le Venezuela sont les pays où la baisse a été la plus marquée. L’objectif du groupement pétrolier consistant à faire baisser la production à tout prix pour maintenir les cours de l’Or noir au-dessus des 50 dollars semble donc atteint. Cerise sur le gâteau : l’accord de l’OPEP visant à réduire la production et s’achevant en mars 2018 devrait être reconduit d’après le ministre de l’Energie des Emirats Arabes Unis. Aucun signe donc de retournement de tendance ? Pas si sûr… En effet, avec des cours en hausse, les producteurs de pétrole de schiste aux Etats-Unis reviennent sur le devant de la scène et reprennent activement leurs activités de forage qui redeviennent profitables. Le délai entre la hausse des cours et la reprise de l’exploitation du pétrole de schiste est de 4 mois d’après l’EIA (US Energy Information Administration). Ainsi, la baisse de la production de pétrole venant de l’OPEP ne suffit pas à pallier la hausse globale de production qui est de +530 000 barils par jour en octobre par rapport à septembre. Ensuite, la hausse de la demande mondiale de pétrole, bien que revue légèrement à la baisse mi-novembre par l’Agence Internationale de l’Energie, explique aussi la tendance haussière sur le pétrole. Enfin, le contexte politique en Arabie Saoudite, source d’incertitudes, a nettement accéléré la hausse des cours. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a entrepris une vaste purge parmi les dirigeants du pays sous couvert de lutte contre la corruption afin d’assoir un peu plus son autorité. Les tensions avec l’Iran ont aussi été en faveur d’une hausse des cours et de la volatilité dues à l’augmentation de l’incertitude sur la production future de pétrole.

Métaux précieux

La star des métaux précieux cette année est sans conteste le Palladium, au plus haut depuis 2001. Porté par un marché de l’automobile majoritairement tourné vers les véhicules à essence après les scandales liés au diesel, le cours du métal n’a cessé de progresser. D’après les analystes de Commerzbank, les investisseurs financiers restent eux aussi loyaux au Palladium, ce qui profite aux cours alors que l’impact du secteur de la bijouterie est lui tout à fait marginal. Le bonheur des uns faisant parfois le malheur des autres, le Platine ne bénéficie pas des mêmes cieux… En effet, si le Palladium est utilisé pour la confection de catalyseurs de véhicules à essence, le Platine sert à ceux des véhicules diesels et se trouve donc confronté à une demande industrielle en baisse. Pour l’Or, 2017 a été en dents de scie avec une tendance à la hausse jusqu’à septembre et un repli assez marqué depuis. D’un côté, le vote du Royaume-Uni en faveur d’une sortie de l’Union Européenne a fait jouer à l’Or sa carte de valeur refuge et les craintes d’une baisse du dollar suite à une hausse des taux de la FED ont favorisé les achats d’Or. Libellé en dollars, l’achat d’Or est ainsi relativement moins onéreux lorsque le dollar baisse pour les investisseurs exposés à d’autres devises. De l’autre côté, une nette diminution de la demande du métal jaune au troisième trimestre d’après les derniers chiffres du World Gold Council (-12% depuis le début de l’année) plombe les cours tout comme le marché des ETF sur l’Or qui s’est fortement contracté, au profit des actions. Le marché de l’Argent, matière première bien plus industrielle que valeur refuge, est en surplus structurel pour 2017 d’environ 1 000 tonnes pour la première fois depuis 5 ans. La demande du métal gris devrait elle se situer en baisse de 5% par rapport à 2016 malgré de fortes disparités selon les secteurs : hausse de 3% pour l’usage industriel mais baisse de 37% pour la création de monnaie et lingots.

Matières premières agricoles

Etat des lieux assez disparate du côté des matières premières agricoles. Proche de ses plus bas de l’année, le café souffre d’une offre d’arabica et de robusta trop abondante face à une demande stagnante et rien dans les projections 2018 ne laisse à penser à un retournement de tendance. Situation légèrement plus positive pour le sucre dont le cours a bénéficié récemment de l’investissement des fonds en parallèle d’une légère baisse de l’offre brésilienne. Structurellement, le marché du sucre demeure néanmoins lui aussi en surproduction. Perspectives plus haussières du côté du cacao en raison d’une récolte en Côte d’Ivoire (principal producteur mondial) bien plus poussive qu’attendue. Des rumeurs de déficit mondial de l’offre de cacao commencent à se faire entendre pour 2018, en raison notamment de la mauvaise météo qui a entraîné de nombreuses maladies sur les plantations. La production ivoirienne du premier trimestre 2018 pourrait être à peine plus élevée que la moitié de celle du premier trimestre de l’année qui s’achève, ont noté les analystes de Commerzbank. Enfin, le coton reprend quelques couleurs après un deuxième semestre 2017 plutôt morose. Un rapport américain stipule en effet que les réserves mondiales devraient légèrement baisser face à une demande en hausse en provenance de l’Ouzbékistan, de la Chine et du Bangladesh.

Comment investir sur ces supports ?

Pas évident de faire du trading de lingots d’Or, de barils de Brut ou encore de tonnes de sucre… Avec les produits de Bourse vous pouvez investir sur ces sous-jacents à travers un seul produit financier listé en Bourse de Paris avec ou sans effet de levier à la hausse ou à la baisse.

Ceci ne constitue pas une recommandation d’achat ou de vente des sous-jacents considérés
NB : Les cours des matières premières sont données au 17 novembre 2017
* : volumes échangés sur Euronext Paris, tout émetteur de produits de Bourse confondus, entre le 1er janvier et le 20 novembre 2017.

Article tiré du magazine Strike 186 / Décembre 2017

 

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