Archives : Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro/Dollar

LE BRENT

La force change de camp

Fortement pénalisé par un reflux de la production américaine, le cours du pétrole a sensiblement reculé de 7,5% en l’espace d’un mois pour revenir sur ses niveaux de décembre. Force est de reconnaître que la capacité des producteurs de pétrole de schiste à relancer leurs exploitations surprend le marché, de quoi remettre une nouvelle fois en cause un rééquilibrage du marché.

L’Agence Internationale de l’Energie avance par ailleurs, dans son rapport mensuel, que la production de schiste américain devrait dépasser la demande mondiale de pétrole cette année. Rien que sur le mois de janvier, la production du brut aux Etats-Unis a augmenté de 1,3 million de barils par jour (mbj) par rapport à janvier 2017. Certes, l’augmentation des prix pétroliers pousse les producteurs américains à mettre en activité de nouveaux forages, mais il convient néanmoins de ne pas sous-estimer leur capacité à réduire leur coût de fonctionnement grâce à de nouveaux procédés d’extraction. En dépassant la barre des 10 mbj, les Etats-Unis pourraient par conséquent s’imposer comme le premier producteur mondial de pétrole, devant l’Arabie Saoudite et la Russie.

De son côté, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole parle d’une hausse « préoccupante » de l’offre américaine alors que le cartel s’efforce de respecter des quotas de production, au moins jusqu’à la fin de l’année. Le cartel, avec en tête de liste l’Arabie Saoudite, cherche à éteindre l’incendie en appelant à une coopération de long terme avec des pays non membres de l’OPEP, dont la Russie. Il s’agit ici d’une initiative historique, Ryad n’ayant jamais abordé l’option d’une régulation à long terme. Tout est donc mis en œuvre pour rassurer le marché.

D’un point de vue graphique, en unités de temps hebdomadaires, la ligne des 70 USD a stoppé la vague acheteuse pour ramener les prix sur leur moyenne mobile à 20 semaines. Compte tenu de la tendance de fond haussière, il s’agit ici d’une bonne occasion pour payer le marché et viser les récents plus hauts. En revanche, une rupture de cette moyenne mobile serait synonyme d’un retour immédiat vers 57 USD, correspondant à un support majeur de moyen terme.

Jordan Dufee Analyse réalisée le 20/02/2018
© 2018 Zonebourse.com

L’EURO/DOLLAR

La croissance atténue la bataille des changes

Bien que la monnaie unique poursuive une tendance quasi-rectiligne depuis maintenant quatorze mois, la BCE ne semble pas aussi déterminée qu’auparavant à lutter contre la force de sa devise, le signe d’un net regain de confiance quant à la santé économique de l’Union monétaire.

En effet, les indicateurs macroéconomiques, comme l’accord politique en Allemagne, soulagent la banque centrale. Selon une première estimation, la croissance en zone Euro aurait, entres autres, atteint en 2017 un niveau inédit en dix ans (+2.5%). Ainsi, même si Mario Draghi parle de « source d’incertitudes » quand il évoque la volatilité des taux de change, la majorité des responsables de Francfort semble moins préoccupés par la vigueur de la monnaie, ne s’efforçant plus de masquer la nécessité d’en finir dès septembre avec les rachats d’actifs.

Aux Etats-Unis, les signaux sont contradictoires. Pourtant soutenu par son statut de valeur refuge, dans un contexte de correction boursière, ou par la hausse des rendements américains, alimentée par le redressement de l’inflation et le discours de la FED, le billet vert peine à résister durablement. Entre posture protectionniste et largesses budgétaires, nuisibles au déficit de la première puissance mondiale, la politique de Donald Trump s’inscrit sans conteste au cœur de ce manque de popularité auprès des investisseurs. Une dichotomie source d’hésitations qui favorise, in fine, la tendance intrinsèque de la devise européenne.

Graphiquement, l’Euro accélère de nouveau mais prend ses distances avec ses moyennes mobiles, ce qui pourrait induire la nécessité d’une consolidation. La monnaie unique se heurte par ailleurs à une résistance significative à 1.2525, seuil qu’il conviendra d’effacer en clôture hebdomadaire avant de viser de prochains objectifs plus ambitieux, à 1.2818 puis 1.30 USD.

Mathieu Burbau Analyse réalisée le 20/02/2018
© 2018 Zonebourse.com

Article tiré du magazine Strike 189 / Mars  2018

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