Pétrole et Euro/Dollar

Pétrole et Euro/Dollar

LE BRENT

Le marché tergiverse faute de visibilité

L’été rime avec volatilité sur les marchés pétroliers où la période estivale n’a pas été de tout repos pour les opérateurs. Force est de constater que le moindre élément d’ordre économique ou politique peut créer d’importants décalages, traduisant entièrement le scepticisme ambiant d’un marché qui ne sait pas où il va.
La tendance des dernières semaines est à la contraction des stocks US (qui accusent des baisses pour la septième semaine consécutive), tandis que la production américaine demeure résiliente au tassement du nombre de forages pétroliers. Cela peut à première vue paraître paradoxal, néanmoins la force des producteurs de pétrole de schiste réside justement dans leur capacité à être flexible et d’exploiter rapidement des sites générant de bons gains de productivité.

Par ailleurs, l’OPEP a de plus en plus de difficultés à discipliner ses membres, qui ont tendance à dévier des accords de production. Le Royaume Saoudien lui-même qui s’impose pourtant comme le chef de file de l’OPEP et comme le premier défenseur des quotas pétroliers, a dépassé ses objectifs de production mensuels en juillet. Ces écarts doivent rester ponctuels, au risque de briser la confiance que les investisseurs accordent au cartel dans sa capacité à rééquilibrer le marché, d’autant plus que celui-ci fait face à d’autres défis de taille, comme le retour de grands producteurs tels que la Lybie et le Nigéria.

Du côté de la demande, alors que les opérateurs s’inquiètent du faible niveau d’activité des raffineries chinoises, baromètre de la demande asiatique, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) souhaite se montrer optimiste et table sur une légère hausse de la croissance de demande de brut pour cette année à 97,6 millions de barils par jour (mbj) et 99 mbj pour 2018.

Graphiquement, en unité de temps hebdomadaire, les cours du Brent oscillent au sein d’un trading range bornés entre 44 et 57 USD. Tant que les cours resteront cadrés au sein de cette zone de fluctuation, la neutralité prévaudra.

Jordan Dufee Analyse réalisée le 22/08/2017
© 2017 Zonebourse.com

L’EURO/DOLLAR

L’Amérique infréquentable

Alors que la monnaie unique progresse déjà de près de 12% face au billet vert depuis le début de l’année, la confirmation de la reprise de l’Union monétaire, combinée à l’isolement croissant de l’exécutif américain, attire toujours les flux de capitaux vers l’Europe.

Cruel dilemme que celui qui s’impose à la BCE, à la fois inquiète de la vigueur de sa devise et forcée de préparer les marchés à une prochaine diminution de son QE, une prescription favorable à l’Euro mais indispensable face à la robustesse de l’économie. Outre l’emploi et l’inflation qui montrent des signes encourageants, le PIB des Dix-Neuf progresse en effet, selon une première estimation, de +0.6% au deuxième trimestre, en particulier grâce à la solidité du secteur manufacturier. Mais Francfort tarde à préciser son calendrier, surveillant sa rhétorique pour tempérer les spéculations.

De l’autre côté de l’Atlantique, la défiance incarnée par Donald Trump pénalise le Dollar, ce qui ne facilite pas la tâche des argentiers européens. Revers au Congrès, soupçons d’ingérence russe, vague de démissions parmi ses conseillers et escalade verbale avec la Corée du Nord esseulent chaque semaine un peu plus le président américain. Les marchés ne croient plus aux réformes. La FED, elle, est divisée, tiraillée entre des créations d’emplois qui surpassent les attentes et une inflation qui tarde à décoller, alimentant les incertitudes quant à une troisième hausse de taux d’ici fin 2017.

Graphiquement, l’Euro a profité de la période estivale, traditionnellement moins liquide, pour s’échapper par le haut d’un canal horizontal de long terme qui enfermait les cours dans une fourchette d’une dizaine de figures depuis le début de l’année 2015. Si les cours consolident depuis le début du mois d’août, une clôture hebdomadaire au-delà de 1.1824 USD ouvrirait la voie d’un retour vers 1.2463, seuil inédit depuis fin 2014. Sous 1.1449 en revanche, nous passerions neutres sur la parité.

Mathieu Burbau Analyse réalisée le 22/08/2017
© 2017 Zonebourse.com

Article tiré du magazine Strike 183 / Septembre 2017

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