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Un divorce difficile ou par consentement mutuel… ?

Les britanniques ont donc décidé de quitter l’union européenne et il va falloir maintenant regarder attentivement ce que contient l’article 50 du traité européen qui régit la procédure de sortie… Le Royaume-Uni va d’abord informer le Conseil européen, à savoir les chefs d’État et de gouvernement, de ses intentions. Puis le Conseil va définir les bases de négociation d’un accord de sortie qui devra ensuite être voté par le Conseil européen à la majorité qualifiée (pas d’unanimité nécessaire). Si aucun accord n’est trouvé dans les deux ans, la sortie serait actée de fait, juridiquement, sans aucune planification, par exemple, sur la participation au marché unique… Cela dit, l’UE pourrait se mettre d’accord avec le Royaume-Uni pour prolonger les négociations au-delà de deux ans ou trouver un compromis acceptable pour tout le monde…

Au cours des derniers jours, les représentants de l’UE ont clairement annoncé une certaine fermeté pour les discussions futures. Il semble inacceptable que les britanniques puissent rejeter l’Europe et garder les avantages du marché unique. Le président du Conseil, Donald Tusk, et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, ont été très clairs sur ce point : « Dedans c’est dedans, dehors c’est dehors » a-t-on même ajouté outre-Rhin… Mais la situation est délicate pour tout le monde. D’un côté, l’UE doit montrer sa détermination pour éviter que le Brexit ne fasse des petits dans les autres pays européens. Personne ne doit venir à penser que l’on peut avoir le beurre et l’argent du beurre, sortir de l’union et se maintenir dans l’espace économique européen (EEE)…

Mais en fait si… Cela existe déjà ! L’Islande, la Norvège et le Lichtenstein font partie de l’Espace Economique Européen sans faire partie de l’Union Européenne. Pour cela, ils doivent se conformer à de nombreux règlements de l’UE sans avoir de droit de vote. Plus important, ils doivent payer une contribution au budget de l’UE, qui dans le cas du Royaume-Uni pourrait être environ deux tiers de ce qu’elle payait jusqu’à présent… Pourquoi refuser à nos amis britanniques ce qui est déjà en place pour d’autres… Une sorte de divorce par consentement mutuelle ou l’Union Européenne ne serait plus tenu de tenir compte de l’avis britannique pour établir ses règles du jeu mais bénéficierait toujours des accords de libres échanges avec son principal partenaire commercial…

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