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Un indicateur économique à la loupe : Balance des paiements

La balance des paiements dresse le tableau de l’ensemble des relations économiques d’un pays hors de ses frontières en constituant l’état complet des transactions du pays considéré avec le reste du monde sur un trimestre ou une année entière. Elle peut être utilisée pour mieux comprendre les mouvements à long terme d’une devise.

Elle se subdivise en 2 balances partielles. En premier, le compte courant : il mesure les échanges de biens et de services, appelés aussi balance commerciale, auxquels il faut ajouter les transferts monétaires. Le deuxième composant est appelé opérations en capital ou compte capital. Il comprend tous les autres mouvements financiers (achat d’actions, d’obligations ou tout autre placement financier ainsi que les investissements directs).

En théorie, il ne devrait pas exister de déséquilibre de la balance des paiements, le solde des opérations courantes étant compensé ou financé par les opérations en capital. Or, ce n’est pas toujours le cas. L’exemple le plus frappant nous vient des Etats-Unis. La balance des paiements y génère un déficit depuis de nombreuses années qui devrait susciter quelques inquiétudes. En d’autres termes les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens.

En fait, le rendement élevé du capital outre atlantique permet d’attirer des volumes importants de capitaux qui viennent combler le déficit. D’ou le vieil adage financier « les Etats-Unis sont financés par le reste du monde ». Cet équilibre instable pourrait être beaucoup plus préoccupant, pour le Dollar notamment, s’il ne s’agissait pas de la première puissance économique mondiale dont le pouvoir d’attraction est énorme. La confiance générée par l’oncle Sam a pour conséquence qu’une grande part des actifs détenus par les investisseurs étrangers aux Etats-Unis est constituée de bons du trésor américain à long terme. Cela limite les dangers d’un retrait massif de capital à court terme.

D’après l’orthodoxie financière traditionnelle, un déficit de la balance des paiements a une influence négative sur la devise. Statistiquement cette pression s’avère significative au bout de 5 ans. Mais cet indicateur doit être analysé avec beaucoup de précaution. S’il permet néanmoins aux investisseurs de mesurer les tensions qu’une économie peut exercer sur sa monnaie de référence, il faut toujours accompagner son analyse d’autres indicateurs tels que la croissance économique, le niveau des taux d’intérêts et la politique de la banque centrale, ainsi que les différents signaux techniques très utilisés par les cambistes.

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