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Zone euro : aucun signe d’une croissance durablement plus forte

Qu’avons-nous sur la table à nous mettre sous la dent en faveur de l’économie de la zone euro après son bon début d’année ? Pas grand-chose… Les indices des directeurs d’achat et du climat des affaires (Ifo) ont évolué sur les 16 derniers mois dans un canal assez étroit, ce qui ne milite pas en faveur d’une accélération durable de la croissance. Et cela ne devrait pas changer avec les publications futures… Aux Etats-Unis, en revanche, la recherche économique de Commerzbank s’attend à une hausse importante des carnets de commandes.

Souvenez-vous : la croissance du 1er trimestre en zone euro était ressortie à 0,5% par rapport au dernier trimestre de 2015. Mais ce gain, d’apparence très solide, était dû à un effet de calendrier et à un hiver plutôt doux… La croissance, après ajustement de ces effets de bord, se serait probablement élevée à environ 0,3% comme dans les trimestres précédents…

C’est aussi ce que l’on peut déduire de l’évolution des indices des directeurs d’achat. Sur les trois derniers mois, ils ont évolué en bas de leur tendance observée depuis le début de 2015 (un peu au-dessus de 53 points). Et d’après nos spécialistes, cela ne bougera pas en juin malgré le dernier sursaut du mois de mai. L’environnement économique a même empiré ces derniers temps. L’activité mondiale reste atone et l’euro, le pétrole, plus forts, sapent la compétitivité des entreprises qui produisent dans la zone euro. Par ailleurs, nos analystes l’évoquent régulièrement, les problèmes au sein de la zone euro d’endettement élevé ou de marchés de l’immobilier surévalués ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Par conséquent, notre équipe de recherche économique s’attend à des publications de statistiques du même ordre dans les prochaines semaines. Mêmes causes, mêmes effets en Allemagne. La croissance particulièrement élevée de 0.7% enregistrée au 1er trimestre n’est pas significative et sera beaucoup plus faible au 2ème trimestre.

En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout le contraire. Après un début d’année plutôt morose, les statistiques de ventes de détails, de production industrielle, de construction de logements et de commandes de biens durables confirment un retournement de tendance. L’économie semble reprendre son essor. Reste à savoir si cela n’aura pas un effet contre-productif pour le marché des actions… Imaginez que les opérateurs en déduisent que Janet Yellen et ses amis de la FED vont entamer leur cycle de hausse des taux directeurs un peu plus vite que prévu…

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