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Zone euro: ça sent plutôt bon…

L’économie de la zone euro est en expansion, et ce n’est pas fini… L’indice des directeurs d’achat a touché son plus haut historique. Sa composante pour le secteur manufacturier n’est qu’à 0,1 point de son record absolu et son homologue pour le secteur des services, à 56.5 points, est sur ses plus hauts de plusieurs années. Cette bonne forme de l’économie permettra à la BCE de justifier plus facilement la réduction progressive de son programme d’achat d’obligations.

L’économie de la zone euro continue de croître à un rythme très soutenu. L’indice « PMI » (1) pour les services a toujours été particulièrement corrélé avec le taux de croissance du PIB. Avec une hausse à 56,5 points, son plus haut niveau cette année, les économistes de Commerzbank se montrent donc très confiants pour la croissance.

Plus impressionnant encore est la poussée de l’indice PMI manufacturier à 60,6 points en décembre qui atteint ici un niveau proche de son plus haut (60,7 points). Ces niveaux élevés de l’indice PMI vont de pair, historiquement, avec une croissance du PIB réel de plus de 0.75% par trimestre, soit 3% si une telle cadence venait à se répéter sur 4 trimestres consécutifs… Dans ce contexte, la prévision de croissance de 0,6% pour le dernier trimestre 2017 publié par nos économistes pourrait même s’avérer trop conservatrice.

Ces données devraient permettre à la croissance de l’économie de la zone euro de monter jusqu’à 2,5% en 2018, un taux beaucoup plus élevé que ne le pensent la plupart des économistes (consensus : 2,1%). La politique monétaire extrêmement expansionniste de la BCE semble se répercuter, enfin, sur l’économie réelle. Même si la récente appréciation de l’euro pèse sur la compétitivité-prix des entreprises productrices de la zone euro, cet effet négatif devrait être compensé par la demande mondiale dont les perspectives sont encore en hausse pour les trimestres qui viennent.

Cela plaira à la BCE… La forte croissance permet à la banque centrale de présenter la réduction de ses achats d’obligations en 2018 comme fondamentalement justifiée et inévitable. Evidemment, une forte croissance stimulera, tôt ou tard, l’inflation.

Thibaud Renoult

(1) de l’anglais Purchasing Manager Index, littéralement : indice des directeurs d’achat

Article tiré du magazine Strike 187 / Janvier  2018

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